Vendredi 16 novembre 2007
Danser (un épuisement)
là, contre ce jour, il y a l'ami et il y a l'aimée
il y a le voyageur qui a posé son instrument
cet accordéon usé, éprouvé aux mélodies tziganes
il a frappé à la porte, j'ai ouvert, il est entré
il a posé son instrument, là, contre le mur
ce jour est un bleu sans mélange
je veux toujours dire la terre voyageur
avec l'ami et avec l'aimée
avec les vagabonds aux origines gitanes
le ciel soudain cesse de se répandre en clarté
et puis il y a la nuit
elle tombe, quand soudain je perds le monde
dans une salle souterraine, close
la lumière est électrique et la musique est électrique
cette lumière, cette musique font un espace confiné
les corps s'y pressent et poussent les corps
c'est une danse
c'est une danse des corps adolescents
ils sont une masse où chacun se perd et perd sa voix
trop heureux de sombrer, trop joyeux de succomber
incapable de résister à l'appel d'une colère exaltée
et puis une fumée se répand
parmi des feux artificiels
le son puissant des machines devient plus agressif
tout un monde perd contenance
c'est une ronde où les corps maintenant sont gagnés par l'épuisement
et dans cette fatigue commune, des mains surgissent, inhabituelles
les corps s'agitent et pressent les corps
partout ça hurle et partout les sens vont au chaos
les regards ne savent plus s'exercer
le monde se retire, abstrait, il n’est plus accessible
ce monde, il n'est plus qu'un sifflement
un cri aigu qui déchire les tympans et secoue la chair