Publications

Samedi 21 mars 2009
A l'occasion de la parution du numéro six d'étoilements, nous vous invitons à venir rencontrer la rédaction et les auteurs à la librairie Lis Voir (10 rue Goncourt, 75011 Paris) le jeudi 26 mars à 19h.

Edito
Pour ce numéro d’étoilements, nous nous sommes interrogés sur l’idée d’insistance : celle d’une puissance créatrice, celle qui est résistance ou persistance de formes, de traces, d’une nécessité surtout, jamais comblée, de dire. En insistant, on enferme ou on libère, on produit (ou on se laisse produire) dans l’intensification. Insister donc : y revenir. Or, ce n’est pas pour autant que l’on se saisit davantage de nos faires, de nos dires ; bien au contraire, on se cherche inlassablement, on fait place à l’inconnu, le laissant ainsi jaillir.
C’est d’abord en hommage à l’œuvre inépuisable de Raymonde Carasco (récemment disparue), que cette question s’ouvre, pour mieux la faire resurgir à travers la mémoire sensible de Gabriela Trujillo. Elle se prolonge ensuite dans l’analyse du film Zorns Lemma, de Hollis Frampton, par Raphaël Bassan, ou la mise en perspective de Empire d’Andy Warhol et Macrozoom de Piero Bargellini, mettant à jour deux approches d’une expérience de l’insistance du vide
dans nos vies contemporaines (et dans le cinéma d’avant-garde), d’après Dario Marchiori. Face à la nécessité impérieuse de faire partager les traces d’une histoire d’oppression et de lutte, la question des images latentes prend tout son sens au sein l’œuvre de Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige, donnée à penser par Daphné Le Sergent. La volonté de dévoiler, de faire apparaître, liée au besoin de réfléchir aux conditions de cette apparition nécessaire, sont au cœur du travail de ces artistes, et trouvent écho dans le texte qui suit, sur la persistance de l’image manquante aux fondements même du médium cinématographique (Gabriela Trujillo).
Le texte de Rodolphe Olcèse, à partir de films de Blaise Othnin-Girard, ainsi que celui de Raphaël Soatto, soulignent, parmi les diverses formes d’insistance évoquées, celle qui œuvre dans la pratique cinématographique en tant que quête de sens toujours à préciser, à retrouver. Un telle quête nécessite d’être complétée par un ailleurs, un au-delà que le regard de l’autre viendra à chaque fois convoquer.
Enfin, étoilements veut continuer à donner une place à des écrits empruntant des formes poétiques ou fictionnelles comme celles, en particulier, des textes qui closent le numéro. Il est aussi question d’insistance, ici, sur l’ouverture à des modes d’écriture permettant d’approcher autrement le geste cinématographique, s’autorisant à le décentrer, et tentant d’y répondre par de nouveaux gestes - autant de tentatives singulières de le réinventer.

Violeta Salvatierra

Sommaire
Un moment sur l’aile du vent : Raymonde Carasco rediviva par Gabriela Trujillo / Zorns Lemma, matrice des langages et défis à la mémoire par Raphaël Bassan / Macrozoom sur l’Empire par Dario Marchiori / La limite visible de l’autre, Joana Hadjithomas et de Khalil Joreige par Daphné Le Sergent / Persistance rétinienne d’une image manquante : l’éloge des leurres (ou : le cinéma est une diatribe contre la réalité) par Gabriela Trujillo / Fragments retrouvés par Rodolphe Olcèse / Insistance du crime (Dietmar Brehm) par Violeta Salvatierra / L’ontologie de ce que je me répète par Raphaël Soatto / Les (més)aventures d’Ellie par Dominik Lange
Par Rodolphe Olcèse
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Mercredi 3 décembre 2008
Le numéro 68 de la revue Chimères paraît ces jours-ci, et propose des textes autour du thème Figures de Don Quichotte. Plus d'infos ici. Une présentation de la revue aura lieu le vendredi 5 décembre 2008 à partir de 19 h, en présence des auteursà laTerrasse de Gutenberg, 9, rue Emilio Castela, 75012 PARIS (m° Ledru-Rollin).


Editorial (extrait)

Don Quichotte, la misère du monde, et la littérature

Vous disiez ? Figures de Don Quichotte ? Figures des héros pour le temps présent ? C’est une provocation, probablement, sauf à penser que la littérature puisse encore se mêler de la réalité, voire qu’elle aurait vocation à nous en rappeler les traits de vérité. Alors soit. Essayons, circulons sur cette bordure qui sépare encore la littérature de la politique, défrichons ce chemin d’expérience, chemin qui toujours se repeuple de branches, de ronces et d’orties : comment y faire passer la politique ? Comment faire passer sur ce chemin d’expérience le peuple absent, invisible ? Seule je n’y parviendrai pas. Nous écrirons collectivement, et nous ne terminerons pas, probablement. 
Comment accueillir sur cette percée qu’est Chimères, quelque chose d’un peuple, d’une multitude politique, qui nous manquerait ? Ça sent déjà le complexe… Peut-être, pour l’instant, ouvrir les yeux. Sur ce paysage étonnant d’une seconde ville dans la ville, urbanité précaire et transitoire des plus visibles : l’espace, la communauté de ceux qui s’appellent eux-mêmes « Enfants de Don Quichotte ». 
De fait : nous n’accueillons pas les Enfants de Don Quichotte, nous ne leur ouvrons pas nos maisons, nous ne dormirons pas sous leur tente. Mais risquons néanmoins, par ici, l’expérience d’une hospitalité subjective, de « l’errance hospitalière ».
Mathilde Girard 


*
Sommaire

Politique
Henri Guinard, Actualité du mythe de Don Quichotte
Florent Gabarron-Garcia, Marx désirant
Christiane Vollaire, Le pied de la lettre
Philippe Boisnard, Biotope de la femme politique de 62 ans

Concept
Jacques Brunet-Georget, Don Quichotte performer : lost identity in la mancha
Alain Naze, Don Quichotte. L’échappée belle
Max Dorra, La chasse aux perroquets
Manola Antonioli, Don Quichotte : le réel et son double
Emilie Charonnat, « Nous, sorciers… »
Arrigo Colombo, Don Quichotte entre rêve et réalité
Alain Brossat, Lettre à René Schérer

Clinique
Steves Charmeux, Denis, le criquet pélerin et la nébuleuse "blues"in"
Philippe Giesberger, Rencontre avec des adolescents en pédopsychiatrie
Paulo Roberto Ceccarelli, Constructions de la réalité
Félix Guattari, Considérations sur la schizo-analyse : de la sexualité

Esthétique
Ya no hay locos, Paco Ibanez
Nathanaël Wadbled, La performativité de Don Quichotte
Anne Decamps, El Trillo... Une robe de beauté

Terrain
René Schérer, Quelques mots pour Don Quichotte
Les insensés sensibles, Squatter et publier
Thierry Lafont, Perdre corps
Christian Lamy, Les moulins à vent de la normalité

Fiction
Stéphane Nadaud, Tout passe
Grégoire Courtois, Assis ! Debout ! Couché !
Olivier Verdun, Triptyque de la chair
Rodolphe Olcèse, Théodore la Morale
Daniel de Schepper, Extrait des Lettres à l’Imaginaire
Christophe Siébert, Batman

LVE

Marc Mardochée, Pour une dialectique de l’Un et de l’autre

 

 

Par Rodolphe Olcèse
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Mercredi 3 décembre 2008

Le n° cinq d'étoilements paraît ces prochains jours. Pour vous le procurer, cela se passe ici.

 

*

Edito

Le retard est-il toujours — pour celui qui le provoque ou pour celui qui le subit — un dommage ? Qu’il vienne semer le trouble dans nos emplois du temps révèle que nous ne sommes pas maîtres de notre temps, et que nous devons aussi composer avec l’imprévisible. Or, précisément, le retard peut avoir cette vertu de rendre imprévisible celui ou celle que nous attendons. De proche en proche, en introduisant une brèche dans la série de nos prédictions, en éveillant une attention qui est à la fois crispée, sur le qui vive, et dans une présence imposée à tout ce qui est là et que nous n’attendons pas, il permet aux événements les plus simples qui font notre environnement de se montrer sous un jour nouveau, et parfois de se montrer tout court.
C’est sous signe de l’attente que le retard est d’abord envisagé. Raphaël Bassan le met en évidence à partir de Still d’Ernie Gehr, en exposant le processus de réalisation du film : en retard sur ses aspirations de cinéaste, un jeune salarié de la Film-Makers’ Cooperative de New York se laisse surimpressionner par le temps qui passe. Gabriela Trujillo prolonge cette question du cinéma comme impression de l’attente en évoquant un film arrivé trop tard pour aboutir vraiment. D’autres films sont rencontrés dans ce numéro :Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung, Entrées de secours de Jérôme de Missolz ou encore Rêves américains 3 de Moira Tierney.
C’est une joie également d’accueillir un nouveau morceau de poésie visible composé de concert par Graeme Thomson et Silvia Maglioni, et de donner à lire quelques vers de Raphaël Soatto, qui posent ce paradoxe d’un avant du temps, qui pour ne pouvoir être recherché que dans le temps, ne saurait être que traqué sans fin.
Nous nous sommes par ailleurs emparés de cette question du retard pour publier un texte qui aurait dû paraître dans le numéro deux, et qui n’a pu y figurer pour cause d’inachèvement. Un retard en acte donc, qui nous donne aussi quelque chose à entendre de ce qui s’ouvre dans toute attente. Un second retard délibéré vous est offert dans l’annonce d’une exposition qui a eu lieu le mois dernier à Pantin. Nous avons voulu profiter de cet événement passé pour recevoir une intervention de l’atelier de la Zone Opaque, premier temps d’un geste qui pourrait se continuer dans les prochains numéros, si nos agendas respectifs nous permettent, comme le dit cette expression horrible, de tenir les délais.

Rodolphe Olcèse


Sommaire
La fenêtre du coopérateur. De la méditation naît le sublime (ou quelques «couplets» sur le film Still d’Ernie Gehr) par Raphaël Bassan / De l’attente, de l’oubli et de l’abjuration : le film de Monelle par Gabriela Trujillo / L’avant du temps par Raphaël Soatto Texte pour étoilements / deux, inachevé par Catherine Bareau / «L’image, instable, s’établit». A propos de Avant que ne se fixe de Fabrice Lauterjung par Violeta Salvatierra / Too late blues par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / JdM, Entrées de secours par Rodolphe Olcèse / Drames. À propos de Rêves américains numéro 3 de Moira Tierney et autres sommeils transatlantiques par Orlan Roy / Zone Opaque 

Par Rodolphe Olcèse
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Lundi 22 septembre 2008
Edito
Comme le cinéma, qui est peut-être l’une de ses modalités, la promenade demande à la fois espace et temps. Elle veut un lieu où puissent s’épouser le hasard et l’intention. Elle demande aussi que nous lui consacrions du temps, pour ne pas tourner en pure fuite ou déroute. Que nos déambulations nous trouvent inquiétés ou soucieux, et voilà qu’elles se changent en une errance qui, pour ne nous accorder ni paix ni indolence, fait se volatiliser la flânerie où nous pensions être. Pour que nos promenades aient lieu, nous devons nous rendre disponibles, dans un espace qui nous redonne cette vacance d’esprit initiale grâce à laquelle nous avons pu venir à lui. Gratuité et générosité sont intrinsèquement attachées à l’idée de promenade.
Pensée en premier lieu sous le signe du voyage, et plus singulièrement du voyage raté (à partir d’Uyuni, film d’Andrés Denegri,), la promenade manifeste son aptitude à entretenir le désir de faire des images lorsqu’elle se comprend comme disponibilité au monde. Raphaël Bassan, interrogeant le cinéma de Joseph Morder, veut montrer comment la vacance l’anime tout entier. Il situe ainsi son propre itinéraire de critique relativement aux films qu’il évoque. S’il peut le faire, c’est que les films, en nous faisant partager cette disponibilité à partir de laquelle ils nous viennent, sont aussi un lieu où nous pouvons nous comprendre et nous décrypter nous-mêmes. Il y a quelque chose de cet ordre dans le texte de Fabrice Lauterjung, qui va de formes en formes, pour explorer, à l’occasion d’une exposition d’art contemporain, de nouvelles possibilités du médium, jusqu’à rencontrer, dans la flânerie où il est emporté, une figure pour le moins inattendue – et pour cause – de l’histoire de l’architecture, pour indiquer in fine la violence inhérente à son projet.
Tout film est en lui-même un lieu où notre esprit peut vagabonder. Violeta Salvatierra laisse le sien se traduire en poésie, pour donner quelque chose à voir des images rencontrées dans Forest of Bliss de Robert Gardner. Des sentiers quelques peu extérieurs au cinéma ont également été parcourus, en direction d’une pratique qui le concerne absolument, celle du photographe tchèque Miroslav Tichý. Enfin, les vers d’Orlan Roy, ouverts par les images du suaire et de la mort, nous signalent une vacance ultime qui nous fera voyager Dieu sait où…
Puissent les textes ici réunis nous convaincre de sortir à nouveau dans la fraîcheur de l’automne, et de fréquenter les parcs, les rues et les cinémas, où tant de choses ont encore besoin de notre attention pour se laisser dire.

Sommaire
Du voyage raté : Uyuni (Andrés Denegri, Argentine 2005) par Gabriela Trujillo / Joseph Morder : le double journal des aficionados par Raphaël Bassan / Topographie du temps qui passe par Fabrice Lauterjung / Forest of bliss de Robert Gardner par Violeta Salvatierra / «en débouchant à lʼair libre dans la clarté de la rue». Les images de Miroslav Tichý par Rodolphe Olcèse / extrait de Carnet de route par Orlan Roy
Par Rodolphe Olcèse
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Vendredi 12 septembre 2008
Verso n° 134 vient de paraître. Sous le titre Le jour se lève, il réunit des textes d'une pléiade d'auteurs : S. M. Arabian, Jean-Louis Bernard, Jay Black, Michel Bourçon, Daniel Brochard, Valérie Canat de Chizy, Patrick Chouissa, Yseult Coulon, Gabriel Cousin, Carole Dailly, Augustin Darpeaux, Roland Dauxois, Alain Deppe, Louis Dalla Fior, Jean-Paul Gavard-Perret, Jean-Claude Goiri, Roger Gonnet, Julien Grandjean, Thomas Grison, Alain Guillard, Jean-Michel Guyot, Fred Johnston, Jean-Claude Koutchouk, Thierry Lambert, Jean-Luc Lamouille, Michel l’Hostis, Lodi, Fabrice Marzuolo, Simon Mathieu, Jean-Michel Mayot, Jean Monnet, Margo Ohayon, Rodolphe Olcèse, Ludmila Podkosova, Jean-Michel Raclot, André Rochedy, Marie-Ange Sebasti, Michel Serraille, Jean-Marc Thévenin, Robert Free, Michel Valmer, Ivan Watelle.

Préface (extrait)
"Un moment incertain, la scène a lieu dans une chambre aux draps défaits, on se cherche, touchera-t-on le port dans la grisaille ? Le port est un corps de femme. La femme est à l'origine, tout retourne à la femme. Femme le soir, femme ; le matin. La séparation, c'est la nuit ; la fusion, c'est la lumière. Jusqu'au symbolisme d'une opération chirurgicale qui le repète, où plongé dans un sommeil artificielle tu restes aveugle au supplice" (Alain Wexler).

Disponible par correspondance uniquement (5€50 le numéro, 20€ l’abonnement) auprès de Alain Wexler (Le Genetay, 69480 Lucenay).
Par Rodolphe Olcèse
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Jeudi 5 juin 2008
Le n°3 d'étoilements est paru. Les textes réunies évoquent le thème de l'adresse. Pour savoir où vous le procurer, c'est par ici.


édito
Si faire du cinéma, en voir, en donner à voir, ou écrire autour, à partir de, c'est toujours une affaire de geste, ce geste, ce mouvement infini, investi d'affects indicibles, on en oublie presque les origines, on en goûte plutôt les déploiements successifs, les croisements simultanés qui le parcourent et l'animent, ce geste, il nous concerne donc, ne cesse de concerner autour de lui : il engendre des relations.
Vers ces relations, vers ces lieux de partage possibles, et prêts alors à la rencontre, à l'écoute, à l'équivoque aussi, nous nous sommes rendus. Attardés sur quelques pages, nous nous sommes mis à vouloir rendre compte de cela, de ce que nous sommes dans cette adresse sans cesse renouvelée, adressée de nouveau, reconnue et aussitôt perdue, qui nous maintient vivants. Jamais eue, à vrai dire, l'adresse, jamais certaine : elle n'a pu être que brièvement tenue, dans l'élan toujours mobile et nous dépassant, nous amenant plus loin de nous-même.
Ci-après, donc, quelques traces de ces bals, de ces tourbillons de sens adressés et accueillis, réorientés, par les chemins qui sont propres au cinéma et ici, dans cet espace par lui provoqué, à l'écriture : une lecture d'un film-ofrande, des pensées attentives au faire de l'adresse et à ses conséquences, la voix d'un film donnée à lire, les phrases ou les poèmes depuis la place de celle ou de celui qui regarde, ou encore des fragments de journaux intimes, de carnets de route, de textes adressés ou répondant à une adresse… Autant de manières de continuer à habiter ces mondes, portés par les films, où nos dires se mêlent, nous dépossèdent, ouvrent des voies nouvelles où nous serons, par d'autres, encore trouvés.

Violeta Salvatierra

Sommaire
L'offrande fugitive par Gabriela Trujillo / Questions surgies de l"adresse par Rodolphe Olcèse / L'amour, de leur côté par Kantuta Quirós / Adresses par Violeta Salvatierra / Les heures immobiles par Graeme Thomson & Silvia Maglioni / extrait de Carnets de route par Orlan Roy / Charme et intuition par Dominik Lange
Par Rodolphe Olcèse
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Mardi 3 juin 2008
Le numéro 66/67 de la revue Chimères, fondée par Gilles Deleuze et Felix Guattari, paraît ces jours-ci, et propose des textes autour du thème Morts ou vifs. Plus d'infos ici.


Editorial

Eux.

Ils sont des milliers, des millions. Légion. Ils avancent, comme un seul homme, ou plutôt comme une seule meute, sans chef apparent, sans cerveau directeur, mus par une sorte d’instinct qui les pousse inexorablement vers ce que les autres, auquel appartient celui qui les observe, imaginent être un but. Mais de but, ils n’en ont point. Leur trajet, comme celui d’une rivière, creuse son propre lit. Sont-ce les vents — propices, contraires — qui leur impriment telle ou telle direction ? Suivent-ils un mobile primordial, les entraînant dans son mouvement sans commencement ni fin ? Ou errent-ils au hasard, portés par une nécessité impossible à signifier ? Quelle que soit la puissance qui les caractérise, elle semble, véritable corne d’abondance, être une source intarissable. Sa constance n’a d’égale que son intensité.

Il serait bien vain de chercher le moindre individu dans ce flux. Et pourtant, l’observateur sus-cité semble repérer ici un corps, là un autre. Il lui semble même qu’il peut les suivre, un peu comme on tient prisonnier de son regard les vagues à la surface des flots, les isolant du fait même. Il y parvient, mais un temps seulement : car, très vite, ces corps individualisés par l’œil du voyeur retournent au flot ininterrompu duquel ils ont été, artificiellement, arrachés. Car les corps qui composent cette meute, les organes qui composent ce tout, ne se laissent guère individualiser, et de singularité ils n’ont que dans la perte de celle-ci au sein de ce « corps sans organes », comme diraient les deux autres reprenant le terme d’un troisième.

Mais advient un événement : un obstacle se dresse sur la piste qu’ils tracent. Voulu ou non, prémédité ou pas, il se pose comme un barrage face aux flots qui semblent ne jamais devoir baisser en force. Qu’est-il ? Peu importe. Une chose est sûre : il est comme un grain de sable qui grippe le mécanisme parfait du mouvement fluide et continu de ce flux, et, en tant que tel, il est individualisable — c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’est pas eux. L’intéressent-t-ils ? Il ne semble pas. C’est du moins ce que déduit, de la hauteur où il se trouve, l’observateur de l’action qui, sous ses yeux, se déroule : car le flux se divise, pour contourner l’obstacle, formant deux lignes, comme une patte d’oie, qui tout en restant néanmoins homogènes se rejoignent en aval de l’individu. Mais si la plupart des vagues ne considèrent même pas cet accident, quelques corps (une analyse mathématique aurait peut-être pu prévoir lesquels) semblent néanmoins profiter de cet inattendu pour quitter le groupe — c’est ainsi en tout cas, au sein de leur subjectivité naissante, que ces nouveaux individus conçoivent cette masse de laquelle ils proviennent. Seuls, perdus, leurs mouvements, pourtant dirigés par une tête, ont néanmoins l’air erratique, confus, hasardeux. Leurs corps hésitent, tracent des chemins complexes dont la linéarité laisse à désirer.

Apeurés, ils semblent se chercher les uns les autres, semblent se voir, puis se reconnaître.

Petit à petit, leurs pas se font plus sûrs, leurs routes plus logiques.

Ils lèvent la tête et voient, enfin, le voyeur.

Le flux est déjà loin.

Eux
, ce sont les morts-vivants. Mais peut-être pensiez-vous à autre chose ?

*
Sommaire

Politique
René Schérer, Deux cas exemplaires
Georges Didi Huberman, Peuples exposés à disparaître
Nicolas Pignon, Cycle mortel
Marc Mardochée, Dialogue entre Galllée et Ménon
Alain Brossat, Yapou, Vous avez dit Yapou
Nicolas Martingale, Les histoires d’argent finissent mal
Fontenelle, Dialogue entre Montezuma et Cortez
Nathalie Zaltzman, De la pulsion anarchiste

Concept
Jean-François Bert, Généalogie du mort-vivant
Alain Naze, Le temps des spectres
Traduit par Ewen Chardonnet, Deux extraits du dictionnaire de Konrad Becker
Manola Antonioli, Entre Blanchot et Derrida
Jacques Brunet-Georges, Morts ou vifs dans le devenir-femme
Philippe Boisnard, Schéma cognitif
Christiane Volaire, L’usage des concepts
Bureau d'études, Spectralisation de la puissance

Clinique
Anne Décamps, Morts-vivants / le tiret des soupirs
Matthieu Bellahsen, Achéron en aller retour
Olivier R. Grim, Mort à l’arrivée

Esthétique
Grégoire Courtois, Aurores de la matière morte
Jean-Claude Polack, Proust cinéaste
Mathilde Girard, La mémoire sous la main
Jean-Philippe Cazier - Éric Chaux, La petite fille et la mort
Captain pat, Jane et les morts-vivants

Terrain
Jan-Klaus Daber & Daniel Cabanis, Calendrier des postures
Des jeunes prisonniers allemands, Pop-shop
El Hassan Yacoubi, L’écriture de soi comme modèle de contestation et d'affirmation de l'individu dans la société marocaine
Joani Hocquenghem, Retrouvailles à Vicam
Monique Sélim, Chercheurs d’Ouzbekistan
Zakiy Hardcore Jeunesse, Pourquoi ? Parce que

Fiction
David Christofell, Le reportage interminable
Vladhello, texte et dessins
Mathias Richard, Anaérobioses
Antoine Boute, La cour des miracles
Rodolphe Olcèse, Ecroulement de...
Martin, En gare de... !
Marie Vasseur, Limbes
Par Rodolphe Olcèse
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Mardi 11 mars 2008
Le numéro deux d'étoilements, publié par le Collectif jeune cinéma, paraîtra dans les jours qui viennent. La revue est disponible par abonnement (bulletin téléchargeable ici) ou lors des projections organisées par le Collectif jeune cinéma.

*
Edito

"Le cinéma devient. Un truisme. Une affirmation qui semble pourtant n’aller pas de soi. En proposant le devenir comme signe d’écriture, nous n’envisagions pas toutes les dimensions de ce verbe qui seraient sollicitées. D’une certaine façon, les textes ici proposés réfléchissent en effet dans des sens divers, mais complémentaires, assurément. Peut-on penser le cinéma comme un devenir ?  Qu’est-ce qui, par l’écriture, peut donner à voir un cinéma qui devient ? La volonté initiale était de proposer, entre autres, ce qui se déploie en amont du film : des notes d’intention, un revenir poétique sur les images d’un film en cours, lui-même motivé, c’est-à-dire mis en mouvement, par des phrases que le cinéaste a reçu d’une autre… C’était laisser de côté une autre question, grave, pressée, urgente. Que devient le cinéma ?
Le cinéma, par le dispositif de la projection, donne lieu, ouvre un espace à une collectivité. Entre le projecteur et l’écran, il y a une distance qui distribue cet espace où tous regardent dans une même direction. Il y a, fondamentalement, nativement, une dimension politique du cinéma, qu’il soit considéré comme œuvre ou comme lieu. Il ne peut du reste être l’un sans être l’autre. Une œuvre qui d’une quelconque façon ne donne pas visage au monde, ne donne ni lieu, ni temps, n’en est proprement pas une. Et que cette œuvre soit achevée, terminée, ne la décharge pas d’avoir, encore et toujours, à susciter une manière d’hospitalité.
Aussi, poser la question politique du devenir du cinéma, ce que font Damien Marguet et Orlan Roy, provoqués par la situation où nous plongent les orientations budgétaires, c’est-à-dire idéologiques, de l’actuel gouvernement, fait ce numéro d’étoilements atteindre à une évidente justesse de ton. Puis-je vouloir la poésie sans vouloir en même temps un monde où elle soit possible ? Puis-je défendre le geste poétique, qu’il soit phrase ou image, sans me préoccuper en même temps de la générosité à laquelle il nous ouvre un accès, générosité dont nous voyons le sens se perdre au fil des jours ? Le film peut-il devenir si nous ne lui laissons pas quelque espace où il puisse entrer en présence ? Peu ou prou, c’est peut-être ces préoccupations que s’efforcent de traduire les textes ici réunis. Le cinéma devient en tant qu’il a des possibles. Tel film réalisé il y a 30 ans continue de prendre du relief s’il est confronté à tel ou tel plan d’un autre film, tel vers d’un poème qui vient à sa rencontre, tel regard qui avait besoin de lui pour s’approfondir en vérité. Ceci se produit dans nos salles de cinéma. Nous ne devons pas renoncer à ces lieux où nos images sont plus grandes que nous, ces chambres obscures, petites ou grandes, par où les films, et avec lui quelque chose du monde, deviennent."


Sommaire
Variations d'un infini turbulent (sur Limite de Mario Peixoto, Brésil 1930) par Gabriela Trujillo / L'édition DVD : le point final d'un film ? par Cédric Lépine / Le cinéma défait par Orlan Roy / Texte dit vague par Damien Marguet / Petite les intentions sont icelles par Rodolphe Olcèse / Notes sur un film en devenir par Philippe Cote / Avide par Nathalie EstBrochier / Andalousie par Violeta Salvatierra
Par Rodolphe Olcèse
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Mardi 8 janvier 2008
couvtv58.png Le n°58 de Turbulences vidéo vient de paraître. Il est disponible au format pdf ici.

Sommaire
Viva zapetta (Videobrasil 2007) par Jean-Paul Fargier • Par l’image se laisser dire par Rodolphe Olcèse • Portrait d’artiste : Vincent Mengin-Lecreulx par Gabriel Soucheyre, Alain Bled, Alessio Moretti • Jaki Irvine : In a world like this par Andréa Goffre

Edito
"Vincent Mengin est fou !
Comment pourrait-il en être autrement ? Il a suivi la plus belle femme du monde au bout du monde justement. Là, il a construit le palais de ses rêves dans lequel, pour plaire à sa dame, il invite moult artistes.
Le palais est peuplé de ses fantasmes, des traces visibles ou invisibles de ses visiteurs. Leurs esprits habitent ce lieu fantastique et le nourrissent. Chaque nouveau visiteur se laisse prendre dans ce filet aux mailles magiques. Je le sais : je l’ai vécu, au bout du monde, entre un volcan rugissant et une mer pas trè̀s amicale.
Vincent consacre tout son temps à ses deux passions : la peinture et le cinéma. Et il entraîne dans ses projets tout son entourage, la famille, les gens de passage. A dé́couvrir dans le Portrait d’artiste !
Je n’étais pas à Videobrasil 07 malgrè l’envie, mais Maître Jean-Paul est savoureux, comme d’habitude, dans son “rapport”.
Un vent nouveau nous vient de Londres et aussi, une bonne question de Rodolphe Olcèse  : qu’est-ce que filmer ?" (Gabriel Soucheyre)
Par Rodolphe Olcèse
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Lundi 10 décembre 2007
Philosophie.
* D'un étranger l'autre. Parcours à travers quelques textes d'Emmanuel Lévinas dans le Philosophoire n°8, printemps-été 1999. n°5 (juin 2006).
* L'irréversible. Epreuve et altérité chez Sören Kierkegaard. Article rédigé dans le cadre de journées d'études autour  du thème : "Les voies du retour", organisées par l'équipe de recherche "Espace(s) de la fiction" de l'université de Bacau (Roumanie) les 23 et 24 mai 2008.

Prose et vers.

* Ainsi il y eut ivresse (10 poèmes), Tombe et Résistance du poème, insistance de l'absolu dans Mot à maux
* Dimanche dans Traction-Brabant n°13 (juillet 2006).
* devant les roseaux plient et un enfant se lève dans Comme en poésie n°27 (septembre 2006).
* marche dans Traction-Brabant n°15 (décembre 2006).
* le monde brisé et l'entrecroisée des yeux dans Verso n°129 (juin 2007).
* L'écroulement de... dans Chimères n°66, 67 (juin 2008).
* si tout est précipice dans Verso n°134 (septembre 2008)
* Théodore la Morale dans Chimères n°68 (décembre 2008).
* Dépasser les bornes dans La femelle du requin n°32 (mars 2009).
* Le feu envahit le foyer dans 22m(d)p n°49/50 (avril 2009).

Cinéma.
* Par l'image se laisser dire dans Turbulences vidéo n°58, janvier 2008.

Par Rodolphe Olcèse
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Publications

Publication de textes en vers et en prose via le projet Virgule. Membre du comité éditorial de la revue étoilements. Participation régulière à la rédaction de la revue Bref. Rédaction de plusieurs entrées d'Une encyclopédie du court métrage français. Depuis peu, participation à des revues littéraires.

Filmographie

1/ I Wanna Be Your Rom (Une approche), co-réalisé avec Guillaume Tisseyre (2003)
2/ Tziganes (Une rencontre), co-réalisé avec Guillaume Tisseyre (2003)
3/ Danser (Un épuisement) (2004)
4/ Dimanche (2004)
5/ Tombe (2005)
6/ The Party (2005)
7/ "Un soleil d'où procède cette éclatante lumière" (2006)
8/ Depuis cette catastrophe intérieure (2006)
9/ m'essouffle (2007)
10/ "On était là. On sera ici. Rien ne change" (2009)

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